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Le pape Benoit XVI fan de Harry Potter?

A propos d'une "alerte Google", en fait une simple manipulation, une profonde rélexion de Vittorio Messori. Où l'on apprend que le Pape serait aussi fan de Bruce Springsteen. L'Osservatore Romano est-il encore "la voix du Pape"? (22/7/2009)

La semaine dernière, une amie m'envoie une "alerte Google" ainsi tournée:
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Le pape Benoit XVI fan de Harry Potter
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Attention ceci n'est pas une blague ! Notre très Saint-Père Benoit XVI a en effet expliqué dans les colonnes de la gazette du Vatican, L'Osservatore Romano, que le dernier film de Harry Potter représentait plutôt un bon exemple pour la jeunesse et l'humanité en générale.

Par la voix de ses adjoints, le pape a fait savoir à propos du 6ème et nouveau volet des aventures de Harry Potter et le Prince de Sang Mêlé que dans le film "la frontière entre le bien et le mal était clairement bien définie et qu'on comprenait que devenir bon en résistant à la tentation demandait parfois un travail difficile et d'énormes sacrifices".

Le Vatican trouve également que "les personnages semblent réels, crédibles et bien équilibrés" ce qui permet de mieux s'identifier à eux. L'apprenti magicien serait donc un idéal pour les jeunes Moguls de la planète ?

Le guide spirituel de l'église catholique aurait donc bien réajusté sa mire après avoir dit il y a quelques années que l'univers fantastique et maléfique des aventures créées par JK Rowling était dangereuse pour la morale en ce bas monde.

Je passe rapidement sur l'origine du scoop - il faudrait remonter méthodiquement la filière, mais cela n'en vaut pas la peine - et sur le ton de dérision désagréablement grinçant de l'article; j'avoue que sur le moment, j'ai ressenti de l'irritation, et ma seule impression a été que comme d'habitude, certains medias ont brodé autour d'un trou dans le seul but de discréditer l'Eglise et de piéger les gens qui se contentaient de lire les titres.
Ce n'était sans doute pas faux, mais Vittorio Messori a eu l'idée d'élargir le propos.
Une réserve, pour moi: on peut discuter sur l'existence ou non d'un complot anti-chrétien (évidemment, tel qu'il est présenté par Messori, il est ridicule, et les attitudes qu'il décrit discréditent leurs auteurs). Ou plutôt, sur le sens à donner au mot "complot". Mais l'écarter ainsi d'un revers de main... décidément, non!

L'Église, le nouvel Harry Potter et « le signe d'une recherche »
Vittorio Messori
http://www.et-et.it/...
Le cardinal Angelo Bagnasco, qui dans sa récente lettre pastorale à son diocèse de Gênes écrit : « Certaines tendances, tout en n'étant pas cohérentes avec la foi, comme le phénomène de l'occultisme et des superstitions, la suggestion des philosophies orientales, la recherche de spiritualité esotérique, les différentes formes du New Age, sont à leur manière le signe d'une recherche « .
- L'Osservatore Romano, publiant l'article d'un collaborateur donne un jugement prudemment positif (ou, au moins, pas négatif) du sixième épisode de la saga de Harry Potter, projeté dans les cinémas en ce moment.
- Les media, on le sait, sont à la recherche constante de liens entre des nouvelles disparates, pour vendre de présumées « nouvelles tendances » ou d'improbables « perspectives inédites» et échafauder des constructions hasardeuses. Cela s'est produit cette fois encore, mélangeant une citation extrapolée de l'austère président de la CEI avec les aventures cinématographiques du « petit mage » anglais. La thèse qu'il s'agissait de démontrer était quelque chose du genre : « Il y a une nouvelle ouverture de l'Église au Surnaturel » , celui qui est étranger à la Tradition.

Essayons d'y voir clair.
Sur Harry Potter on a fait du bruit, en son temps, autour d'un présumé jugement négatif du cardinal Joseph Ratzinger, jugement qui - comme on l'a ensuite découvert, n'était pas le sien mais celui d'un collaborateur qui avait été instrumentalisé par une journaliste allemande.
En réalité, comme je l'ai expliqué dans un article de Civiltà Cattolica, et comme le réaffirme aujourd'hui le passage du quotidien vatican, une croisade préalable contre cette saga serait injustifiée. En effet, bien qu'il n'y ait pas de référence explicite au christianisme, ses valeurs sont réaffirmées par le schéma de fond, qui veut que les forces du Bien en difficulté soient à la fin victorieuses sur celles du Mal. Les bons sentiments sont diffus et jamais tournés en dérision. Quant à la magie, le spectateur, ou le lecteur, les jeunes, s'aperçoivent que l'histoire n'est qu'une fable, où l'ironie ne manque pas. Les ressorts comiques qui contribuent à démythifier les événements, en desserrant la tension, sont soulignés de manière positive.

Aucune absolution actuelle « vaticane » , donc, puisqu'il n'y eut jamais la moindre « condamnation », si ce n'est de la part de secteurs traditionalistes, ceux qui sont obsédés par un omniprésent « complot antichrétien » pour lequel Harry Potter serait une arme d'autant plus mortelle qu'elle est cachée.
Ce sont eux qui s'essoufflent à écouter des bandes musicales à l'envers pour y trouver des messages blasphématoires ; ou à rechercher, caché partout, le 666, le « nombre de la Bête » selon l'Apocalypse ; ou à tenter de déterminer des signes diaboliques subliminaux dans les spots publicitaires. L'Église laisse faire, mais ne participe pas à cette atmosphère de soupçon millénariste.

Rien de nouveau, évidemment, même dans les propos de ce disciple coriace et impénitent du grand cardinal Giuseppe Siri (redécouvert avec toujours plus d'admiration, dans les milieux ecclésiaux) qu'est Angelo Bagnasco.
Son confrère dans la poupre, Giacomo Biffi, répète depuis toujours que « le contraire de la foi n'est pas la raison mais la superstition » .
Et on cite très souvent l'aphorisme de Chesterton second lequel « l'ennui avec l'homme d'aujourd'hui, ce n'est pas le fait qu'il ne croit à rien mais le fait qu'il croit à tout » .

Y aurait-il quelque chose de nouveau dans le fait de signaler, comme Bagnasco, que le déclin du christianisme s'est accompagné, en Occident, d'une prolifération de voyants, de sorciers, de gourous, d'astrologues, d'ésotéristes, de chamans? Et est-ce une interprétation originale que celle selon laquelle tout ceci est « à sa façon la marque d'une recherche» ? Il ne s'agit pas « de s'ouvrir » comme on l'a dit mais, plutôt, de constater. Sans surprise mais avec une certaine amertume. Autrement dit, l'abandon, de ce qui pour le cardinal est la voie maîtresse, induit à s'égarer dans des sentiers qui ne mènent nulle part.
Là encore, entendons-nous bien, nul fanatisme. Le christianisme authentique, celui qui n'est pas sectaire, est toujours inclusif, jamais exclusif (ndt et et, contre aut aut, nous savons que c'est en quelque sorte la devise de Messori, et c'est d'ailleurs le nom qu'il a donné à son site: http://www.et-et.it/ ), selon le mot de Jésus (« je ne suis pas venu pour détruire mais pour compléter » ) et l'exhortation de Paul (« examinez tout, gardez ce qui est bon » ).
Ainsi, l'attention actuelle pour certaines techniques orientales est aujourd'hui entièrement acceptée dans beaucoup de Maisons d'exercices spirituels. Si le conseil vaut encore, pour le commun des fidèles, de se tenir à l'écart de l'astrologie, c'est par prudence et non par refus préalable, puisque des astrologues étaient présents à la Cour papale et que le prince même des théologiens, Saint-Thomas d'Aquin, croyait dans l'influence des astres (ndt: mais pas Saint-Augustin, qui consacre un long passage des Confessions à la démythifier, au moment où j'écris ces lignes, je n'ai pas la référence sous la main), tout en la conciliant avec le libre arbitre. Il ne pouvait pas en être autrement, vu que les dits « Rois-Mages » étaient presque certainement des astrologues chaldéens qui avaient déterminé l'arrivée du Messie des juifs en scrutant les étoiles.
Et puis, l'exhortation à se tenir à distance de l'occultisme n'est pas dûe au fait qu'il s'agit toujours et de toute façon de duperies et d'escroqueries mais parce qu'il peut être, parfois, un danger réel. Comme en firent l'expérience de nombreux saints qui durent se défendre de trames obscures dans lesquelles l'Église institutionnelle elle-même, toute prudente et de premier abord justement sceptique qu'elle fût, dut reconnaître l'empreinte du diable.
En somme, comme le dit Ernest Renan, « la vérité est toujours triste, hélas ! » .
La tristesse de la vérité, dans ce "petit" cas, est indiquée par le fait qu'on ne réussit pas vraiment à saisir la moindre nouveauté, ni le moindre trait d'union, entre les paroles de l'archevêque de Gênes et celles d'un collaborateur de l'Osservatore Romano. Les chercheurs de « volte-faces sensationnelles » devront, encore une fois, attendre d'autres occasions.

© Corriere della Sera (ma traduction)

Les chercheurs de "volte-faces" n'ont pas attendu longtemps, comme on va en juger par un article de l'OR d'aujourd'hui, immédiatement repris par la presse italienne. (*)
J'avais à peine fini de traduire la profonde réflexion de Messori, que je tombe, via Raffaella, sur cet article signé d'un jeune vaticaniste (en général mieux inspiré) et auteur d'un blog, Giacomo Galeazzi. Il me paraît une caricature de ces raccourcis journalistiques que le grand Messori vient tout juste de dénoncer.

Le problème qui se greffe là-dessus est le suivant: le nouvel Osservatore Romano, à force d'être moderne, et de suivre l'air du temps, représente-t'il encore en quoi que ce soit la voix du pape, à qui, faute de réponse de sa part, car il a évidemment d'autres choses à penser, on peut faire dire n'importe quoi.

N'avoir aucune connaissance sur "le Boss" ne m'empêche pas de penser que son éloge dans les pages de l'OR est franchement déplacé, et qu'invoquer à son secours le nom du Saint-Père (qui aurait, à Sidney, "affranchi le rock", où l'auteur de l'article a t'il pêché ça??) est à la limite de l'escroquerie spirituelle.
Peut-être cela a t'il un rapport avec la prise de position ouverte en faveur de Barack Obama. Car selon Wikipedia:
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Lors de la campagne à l'élection présidentielle américaine de 2008, Bruce Springsteen, qui avait déjà pris position contre les Républicains 4 ans auparavant avec sa tournée "Vote for change", a apporté son soutien à Barack Obama. Le chanteur a notamment chanté dans l'avant dernier meeting de campagne du candidat démocrate.
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Le soutien à Obama, il n'y a pas à dire, c'est un bon plan....

L'Osservatore Romano bénit le Boss

... au nom du saint rock.
(Source: Raffaella)
Jusqu'à il y a peu, satanistes et exorcistes condamnaient aux flammes de l'enfer la "musique du diable", aujourd'hui au contraire le quotidien du saint-Siège fait l'éloge de Bruce Sprinsteen et de son e-street band, dont les concerts sont une "garantie", qui "laissent rarement déçus", et qui "mettent en scène l'essence du rock".
Dans un article consacré au concert de rock triomphal de dimanche dernier, à Rome, le journal du Vatican exalte une performance qui assure "trois heures de bon rock, avec le mordant et la qualité de toujours", tandis que "la charge qu'il réussit à transmettre, malgré ses 60 ans, est au niveau des émotions que la musique et les textes communiquent".
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Donc, un véritable endorsement (ndt: approbation, en anglais dans le texte) par la voix du Pape. "Springsteen est un produit de la musique populaire américaine".
Les textes, surtout ceux des premières années, " ont pour protagonistes des jeunes déçus par le rêve américain, représentants de la classe ouvrière dont Springsteen est reconnu comme un chantre et un paladin". Autrement dit, les jeunes pour lesquels "le rêve américain se brise inexorablement contre le malaise quotidien, aux marges des banlieues américaines."

Il y a un an, déjà, l'Osservatore avait par antonomase transfiguré la rockstar en icône pop aux profondes racines catholiques, lui reconnaissant d'"indéniables qualités de chanteur...de consistance littéraire dans ses textes, et l'attention aux valeurs catholiques".
Une sensibilité liée à une éducation que Springsteen a reçue "d'une maman italienne, et d'un papa irlandais".
Une "béatification" d'autant plus significative et surprenante pour un "big" du spectacle, dont la condition de divorcé est connue, mais dont la production musicale se voit attribuer une "autre valeur littéraire", et donc religieuse.
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Après les foudres lancés par les "Saints Palais" contre le satanique Marilyn Manson, et le heavy metal, la réhabilitation du boss tire son inspiration des JMJ 2008 à Sidney, où Benoît XVI a stigmatisé le sexe (c'est-à-dire l'approche permissive de la sexualité) et la drogue, mais a absous le rock, affranchi de la triade maudite des "faux dieux, qui portent à la mort dans l'engourdissement des biens matériels". L'important, pourtant, est de ne pas mélanger profane et sacré.
"Le Pape n'est pas une star de festival rock autour de qui tout tourne", a t'il précisé. "Le Pape est totalement et uniquement vicaire".

De toute façon, Osservatore dixit, Michael Jackson est "une icône pour tous", et, selon la leçon du cardinal Ratzinger, "le rock dur doit être purifié de ses messages diaboliques".
Le rock de qualité, cependant, a depuis longtemps droit de cité au-delà du Tibre, et déjà en 1997, à Bologne, Bob Dylan fascinait Jean-Paul II et les cardinaux.
En somme, les rock-stars ne sont plus bannies du Saint-Siège, et même encensées par ses médias. L'Eglise s'ouvre au pop-rock, mais le "non" à l'heavy metal demeure.

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L'OR ne garde pas les archives.
J'ai donc stocké l'article ici, pour ceux que cela intéresse: concerto_brucespringsteen_roma.pdf [55 KB]

L'amour dans la vérité Les anges gardiennes