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Sonnette d'alarme

Un billet de Sandro Magister sur l'islamisation de l'Europe, et ce que le Père Scalese appelle l'hétérogenèse des fins (23/5/2009)

La semaine dernière, le billet de Sandro Magister portait un titre-choc, sur la crudité d'une réalité toujours tabou en France: L'Eurabie a une capitale: Rotterdam.
Il commençait par ces mots:
Ici, des quartiers entiers donnent une impression de Moyen Orient, les femmes circulent voilées, le maire est musulman, les tribunaux et les théâtres appliquent la charia. Un grand reportage dans la ville la plus islamisée d'Europe [il s'agissait d'un reportage paru dans le journal de Giuliano Ferrara, "Il Foglio", voir par exemple sur le sujet: http://benoit-et-moi.fr/2008-I/...].
Il est
à lire absolument.

Chez nous, il est difficile d'aborder la question: toute référence, toute allusion, même, fait immédiatement peser sur vous le soupçon qui tue, le racisme. Et vous êtes classé à l'extrême-droite, ce qui équivaut à la "scarlet letter"!
L'article a pourtant été repris, sans commentaires particuliers, par différents sites (Yves Daoudal, Le salon Beige, etc).
J'étais à ce moment très occupée par mon site "Benoît en Terre Sainte".
D'autre part, le pélerinage du Saint-Père (et, en remontant plus loin en arrière, son attitude, depuis le discours de Ratisbonne et ses retombées des deux côtés) m'a aidée à comprendre que la question des relations avec les musulmans était plus complexe que ce qu'une propagande simpliste, voire simplette, d'un côté ou de l'autre, voulait nous faire croire. Il faut admettre qu'il y a pas mal de provocation des deux côtés. Comme un autre sujet, dont il est par la force des choses très souvent question, le terrain est miné.
Cela ne nous rend pas aveugle pour autant.
L'islamisation progressive de la France est une réalité qui est sous le regard de chacun, sauf à être daltonien, ou à se couvrir les yeux d'un bandeau. Promenez-vous à Paris, à Strasbourg, ou dans la ville où j'habite.... Le sujet a été abordé à plusieurs reprises dans ces pages. Je renvoie en particulier à la lettre ouverte de Magdi Allam au Saint-Père ....

Le Père Scalese, absent depuis quelques jours, est (enfin!) de retour.
Sa réflexion, originale comme d'habitude, est celle de quelqu'un qui est à la recherche du juste équilibre, de la vérité, et qui tâtonne donc forcément: "je ne suis pas sûr d'avoir raison"...
Puisqu'il me fait l'amitié de me citer (et indirectement, mon amie Carlota) je me réjouis de publier ma traduction de son article.
Le titre (Eterogenesi dei fini) est énigmatique - ou il l'était pour moi - mais il l'explique un peu plus loin. Disons plus simplement que cela signifie arriver à l'effet inverse du but recherché.
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Mon opinion personnelle... eh bien, je ne sais pas trop: je crains que ce ne soit finalement, pour nous, occidentaux différent, et peut-être pire que l'islamisation.
Je ne crois pas au choc - car je pense que la plupart des musulmans seront non pas intégrés, encore moins assimilés, ils seront absorbés, littéralement aspirés dans une spirale de contre-civilisation- mais plutôt à la dissolution de tout et de tous, dans un magma informe de "communautés", on en a déjà fait un mot qui s'achève en "isme" (communautarisme) ce qui est un mauvais signe : c'est donc commencé, je ne parviens pas à imaginer comment cela sera dans 10 ans, car le cancer va continuer à répandre ses métastases, et peut-être en accélérant. Difficile de se projeter plus loin. Le reste tient de la politique-fiction - ou de la prière.
Et encore après... je ne serai plus là pour le voir.

samedi 23 mai 2009
(Source: http://querculanus.blogspot.com/2009/05/eterogenesi-dei-fini.html)
L'hétérogenèse des fins
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(..) J'ai été très frappé par la lecture du post de Sandro Magister « L'Eurabia a une capitale : Rotterdam », publié sur le site www.chiesa . Il y reproduit un article impressionant de Giulio Meotti pour Il Foglio.

Quelqu'un qui aurait lu mes billets Le suicide de l'Europe et L'Europe (apostate) et Islam (croyant) , qui ont provoqué un petit débat sur le site de Beatrice, "Benoît et moi" (première partie et seconde partie) - pourrait s'étonner de mon étonnement : Mais comment donc - pourrait-on objecter - d'abord il souhaite, ou tout au moins il déclare ne pas s'inquiéter de l'islamisation de l'Europe, et ensuite il se scandalise en lisant que cette islamisation est déjà en phase avancée ?

Je dois reconnaître que parfois il existe un gap (ndt: fossé) entre les raisonnements et les émotions : même si nous sommes convaincus de certaines choses, parce que nous y avons longuement pensé, il n'est pas dit qu'ensuite nous restions indifférents quand nous sommes placés brutalement face à la réalité. Nous avons tous de l'affection pour notre vieille Europe, riche d'histoire et de culture, l'Europe chrétienne qui, en plus d'exprimer une foule innombrable de saints, a été capable de créer une merveilleuse civilisation. C'est pourquoi, quand quelqu'un vient à nous dire que les cathédrales ont été remplacées par des mosquées, comme pouvons-nous rester insensibles ?

Pourtant, nous devons regarder la réalité en face : c'est ce qui se produit en Europe.
Il est inévitable de se livrer à quelque réflexion, tant en ce qui concerne la société civile, qu'en ce qui concerne l'Église.
Il est très significatif que cela se produise justement dans les pays depuis toujours considérés comme les plus « avancés » en Europe. L'article nous parle de la Hollande : le pays de la liberté absolue, qui a été capable de dépasser toutes les vieilles « inhibitions » (puritaines ou catholiques peu importe) ; le pays du Catéchisme hollandais, où le « renouvellement » conciliaire s'est réalisé de la façon la plus radicale, sans les freins de la bigote Italie et même pas les dérives traditionalistes de l'inquiète France.
Tout laissait entrevoir « Les magnifiques destins et progrès » [ndt: allusion à un poème de Leopardi, "Le Genêt ou la fleur du désert"] d'un pays finalement affranchi de l'obscurantisme.
Et à la place, que retrouvons-nous ?
Une des principales villes hollandaises administrée par un maire musulman, avec des quartiers entiers arabes, où la charia est appliquée et où les femmes se promènent avec le chador (sinon avec la burka).

Que s'est-il passé ?

Il s'est passé ce que les philosophes appellent l' « hétérogenèse des fins », autrement dit la réalisation de fins différentes, sinon opposées à celles que l'on s'était fixées.
Réfléchissez : avec la révolution sexuelle on était arrivé au point d'exposer des femmes nues dans les vitrines ; maintenant le corps des femmes est recouvert de la burka! L'Église catholique avait pensé se rénover avec le Concile et au-delà du Concile ; maintenant les églises sont vides, quelquefois détruites, dans d'autres cas reconverties à des usages profanes, parfois transformées en mosquées. Était-ce là l'objectif de Vatican II ?
Héterogenèse des fins…
Il ne se produit pas toujours ce que nous nous proposons.
Pourquoi ?
L'homme n'est pas l'auteur de l'histoire, pour autant qu'il se leurre d'être tout-puissant. Même dans l'Église, le Concile, qui devait être simplement écoute de ce que l'Esprit dit à l'Église et discernement des « signes des temps » (les vrais !), s'est en grande partie transformé en tentative prométhéique de tout changer pour refondre l'Église selon les schémas idéologiques à la mode. Voilà le résultat : l'exact opposé de ce qu'on se proposait.

Il est intéressant remarquer que l'homme, lorsqu'il prétend s'affranchir de tout lien, devient esclave ; lorsqu'au nom de la raison, il détruit la religion, il tombe dans la superstition ; et la démocratie, lorsqu'elle veut devenir absolu, se détruit elle-même.

Des exemples? Dans les états laïques européens, on a peu à peu limité la place pour le christianisme, pour faire place aux autres religions : dans les écoles, il n'était pas possible de faire la prière (par respect envers les non-chrétiens) ; maintenant, pourtant on aménage une « chambre de silence », pour que les élèves musulmans puissent prier. Encore aujourd'hui, en Italie, les paladins des racines judéo-chrétiennes de l'Europe mettent en garde contre les lois confessionnelles ; et après, les démocraties les plus avancées, pour rester fidèles à elles-mêmes, se voient forcées de permettre l'adoption de la charia.
Du reste, un évêque turc le rappelait il y a quelques années lors d'un synode: les musulmans exploiteront notre démocratie pour rejoindre le pouvoir et, une fois istallés au pouvoir, imposeront leur loi à tous.

Que faire ?
Aujourd'hui, il est trop tard pour courir aux abris. La situation est irréversible. La societé civile n'a rien de mieux pour s'exprimer que les Fortuyn et Wilders, ex-catholiques, ex-marxistes, ex-tout (nous sommes justement dans l'ex-Europe!).
On aurait besoin d'une Église vivante, mais où est-elle ? A présent la présence chrétienne (pas seulement catholique) est réduite à un lumignon.
Il reste seulement l'espoir que, tout comme les anciens barbares furent fascinés par christianisme et la civilisation romaine, ainsi les musulmans seront eux aussi fascinés par le christianisme et le peu qui reste de la « civilisation européenne ». Mais pour que cela se produise, il faut quelqu'un qui témoigne l'Évangile dans sa pureté: un petit troupeau, qui, aussi petit qu'il soit, laisse entrevoir ce « trésor » que nous seuls avons, et permette à ce « trésor » d'accomplir son oeuvre.

Le pouvoir de Rome La famille blessée au coeur