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Nouvel ambassadeur US au Vatican (2)

Dossier (assez) complet dans la presse étrangère, avec les points de vue de John Allen et de Paolo Rodari, et d'autres extraits de presse
Traduction (30/5/2009)

 

Après le point de vue d'Andrea Tornielli, et celui de Daniel Hamiche (Nouvel ambassadeur américain au Vatican ), un tour d'horizon plus complet de la presse italienne, et américaine, après la nomination d'un "théologien" (il l'est sans doute, mais les guillemets sont destinés à contrebalancer pour moi, la mise sur le même plan que Joseph Ratzinger, dans certains articles!!) progressiste, et surtout, d'origine hispanique, comme nouvel ambassadeur des Etats-Unis près du Saint-Siège. C'est LE point important!
Comme je crois être bien élevée, et n'avoir aucun préjugé, je n'aurais jamais eu l'idée d'insister sur les origines "ethniques" du néo nommé, totalement banales aux Etats-Unis, mais certains, hélas, ne s'en privent pas, et ont même mis de gros sabots! C'est pour moi le plus pénible, dans cette affaire.
En tout cas, la lecture de l'article de John Allen devrait lever tous les doutes de ceux qui prétendraient le contraire: difficile de dire si Miguel Diaz est "pro-choice" ou "pro life" (lui même est suffisamment opportuniste pour garder une réserve prudente sur ce point, ce que je comprends) mais il appartient à n'en pas douter à l'aile progressiste du catholicisme.
Inutile de dauber sur la satisfaction du saint-Siège, qui n'a de toutes façons pas le choix. Avec un regard pragamatique, on peut considérer qu'il s'agissait simplement de limiter la casse. Un moindre mal, donc. Mission réussie, sans doute, puisque l'homme est moralement irréprochable, mais il ne faut de toutes façons pas exagérer la portée de cette nomination.


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John Allen se réjouit

Comme toujours, son analyse tient plus de la géopolitique que de la spiritualité, avec une orientation idéologique assez nette. Mais l'article est bien documenté, et on apprend pas mal.
Article original ici: http://ncronline.org/blogs/...
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Avec la nomination de Diaz, Obama réussit le test (l’examen) catholique majeur

En offrant un rameau d’olivier à des "pro-life" au cours de son discours à l’Université Notre-Dame, le président Barack Obama a semblé réussir son premier grand test (examen) catholique. Cette semaine, en nommant au Vatican un envoyé qui ne dispose pas d’un dossier public de contestation des évêques sur l’avortement, il a en fait réussi son second.
A son crédit, en outre, il a démontré une bonne maîtrise de l’évolution démographique de l’Amérique par la nomination d’un catholique d’origine hispanique. Par rapport à ce que l’on aurait pu attendre d’un "pro-choice", démocrate et non-catholique, le « bulletin scolaire » catholique d’Obama semble jusqu’ici plutôt bon.
Mercredi, la Maison-Blanche a annoncé la nomination de Miguel Diaz, 45 ans, professeur de théologie au Collège de Saint-Benoît, et à la St-John’s University, comme ambassadeur des États-Unis près le Saint-Siège. Né à Cuba, Diaz et sa famille l’ont quitté quand il avait huit ans, pour s’installer à Miami. Il a des origines ouvrières, son père était garçon de café et sa mère couturière. En supposant que Diaz sera confirmée par le Sénat, sa première grande tâche devrait être d’organiser une rencontre entre Obama et le Pape Benoît XVI au moment de la réunion du G-8 en Italie en Juillet.

La première réaction du Vatican semble positive. Mgr Pietro Sambi, l’ambassadeur du pape aux États-Unis, a qualifié la nomination de Diaz « un excellent choix d’un représentant qui connaît à la fois très bien les États-Unis et l’Eglise catholique», dans un entretien jeudi avec l’agence de presse italienne ANSA.
Sambi a ajouté qu’en tant qu’Américain issu de l’immigration cubaine, Diaz aussi « est un bon représentant des catholiques de langue espagnole» en Amérique.
Cela ne veut pas dire, bien sûr, que le choix ne prête à aucune controverse. Diaz a servi de conseiller catholique pour Obama au cours de la campagne de 2008, et a récemment signé une lettre en faveur de la nomination de Kathleen Sebelius comme ministre de la santé, en dépit de ses déclarations en faveur du droit à l’avortement. Un média catholique conservateur voit ainsi dans le choix de Diaz « le premier « payback » (En finance, le payback, ou « délai de récupération », représente le temps nécessaire pour que les flux de trésorerie dégagés par un investissement rentabilisent le coût d’investissement initial) de l’administration Obama pour les catholiques qui l’ont soutenu inconditionnellement. ». Le fait que les suspects habituels du camp des catholiques pro-Obama aient immédiatement salué la nomination a également entretenu l’inquiétude dans les milieux plus conservateurs.
Pourtant, Diaz est décrit par ses collègues comme globalement "pro-life", et en tout état de cause, il n’a jamais été parmi les plus éminents défenseurs catholiques d’une position « soft » sur l’avortement. En ce sens, personne au Vatican n’est susceptible de ressentir la nomination comme une provocation. (Rome pourrait avoir d’autres préoccupations, la principale étant dans quelle mesure un assez obscur professeur de théologie du Minnesota est de nature à avoir un poids politique sérieux au sein de l’administration Obama. Cela reste à voir.)
Certains catholiques ont pu également être alarmés par le penchant de Diaz pour la théologie de la libération en Amérique latine, devenue une bête noir de la droite catholique, au cours des années 1970 et 80 en raison de ses affinités avec le marxisme et la lutte des classes. Les références à des personnages tels que Gustavo Gutierrez et Ignacio Ellacuría parcourent les écrits de Diaz, et un journal se réfère à lui dans ses titres comme un «théologien de la libération cubaine» . Pour mémoire, ce n’est pas vraiment évident. Dans ses écrits, Diaz fait la distinction entre l’ « option préférentielle pour les pauvres en Amérique latine » et l’ « option préférentielle pour la culture « dans la théologie d’origine hispanique aux États-Unis, axée sur la survie de l’identité latino
Quoi qu’il en soit, personne n’aurait l’idée de voir en Diaz un radical. Il n’a jamais défendu la révolution armée, ni célébré une « église d’en bas » en opposition à la hiérarchie. Son accent a été en grande partie mis sur l’importance de la communauté, en particulier à la lumière des luttes de familles d’immigrants. Dans un article, il a inventé l’expression, « en dehors de la survie de la communauté il n’y a pas de salut », jeu de mots sur la maxime théologique traditionnelle « extra ecclesiam nulla salus » ( «en dehors de l’église il n’y a pas de salut»).
Pour voir plus loin, la question clé est de savoir quelle forme prendra le séjour de Diaz au Vatican. Dans cette optique, le caractère distinctif de la fonction d’ambassadeur auprès du Saint-Siège, est qu’il s’agit en grande partie d’un job d’ «idées», ce qui signifie qu’il convient mieux qu’on ne pourrait imaginer à un universitaire que beaucoup d’autres missions diplomatiques. L’ambassadeur n’a pas à s’inquiéter des relations commerciales, des questions de sécurité, de politique des visas, et ainsi de suite - toutes les questions qui font l’essentiel de l’activité dans la plupart des postes diplomatiques. L’ambassade ne dispose pas d’un grand personnel interne ni de bureaucratie. En conséquence, l’ambassadeur a une opportunité considérable de penser « à l’extérieur de la boîte », du moins selon les règles de la diplomatie d’outre-atlantique.
La nomination de Diaz semble ouvrir la porte à des partenariats avec le Vatican dans au moins quatre domaines.

Immigration:
En partie en raison de son propre parcours, Diaz a fait de l’immigration un thème majeur de son travail théologique. Dans un essai, par exemple, il développe une théologie de la communauté dans le contexte de ce qu’il a appelé « la peur et le rejet des autres », comme en témoignent « la législation proposée à la Chambre des représentants de faire de l’anglais la langue officielle des États-Unis , la levée d’une milice (Minutemen) en Arizona, les raids continuels du Gouvernement contre les communautés d’immigrants aux États-Unis, et divers actes au préjudice des résidents «étrangers», comme les musulmans qui vivent dans ce pays » .
La première déclaration de l’Académie des théologiens catholiques hispaniques des États-Unis en faveur d’une « réforme juste et globale de l’immigration» a été publiée au cours du mandat de président de Diaz. La réforme de l’immigration est aussi une priorité des évêques des Etats-Unis et le Vatican - en partie pour des raisons de justice sociale, en partie parce qu’une proportion importante des nouveaux immigrants dans les Etats -Unis est catholique. L’immigration est donc une question où, en gros, les positions de la Maison Blanche, d’Obama et du Vatican coïncident. Il ne faut pas être grand clerc pour envisager cela comme un point-clé au cours du mandat du tout premier ambassadeur hispano-américain au Saint-Siège.

Cuba:
D’après les amis et les collègues, Diaz a un profil intéressant parmi les cubano-américains. Il n’a jamais fait partie de la communauté férocement anti-Castro d’émigrés, basée à Miami, mais il ne reflète pas non plus les perspectives de la deuxième génération de Cubano-Américains qui ont parfois du mal à comprendre où est le problème. Il arrive à Rome à un moment où à la fois l’administration Obama et le Vatican ont un vif intérêt pour Cuba. Le Pape Jean Paul II a fait de la promotion d’une ouverture progressive vers Cuba, une priorité diplomatique, y compris la relance de l’Eglise catholique cubaine. Il y a des signes que le gouvernement renvoie l’ascenseur. En Décembre dernier, Raul Castro a assisté à une messe de béatification à La Havane pour un frère cubain du 19ème siècle connu comme le « père des pauvres ». Les médias contrôlés par l’État qui, généralement, ne tiennent pas compte des nouvelles religieuses, ont donné une large couverture à l’événement. Le Saint-Siège s’intéresse beaucoup aux conséquences de tout cela, surtout en raison de l’influence de Cuba en Amérique latine. Pas de doute, les diplomates du Vatican ont hâte d’entendre ce que Diaz pourrait avoir à dire.

Solidarité Nord-Sud:
Quand Jean-Paul II a convoqué une série de synodes régionaux menant au Grand Jubilé, en 2000, il a évoqué la rencontre de l’Amérique du Nord, centrale et du Sud, et des Caraïbes comme le « Synode pour l’Amérique, » employant délibérément le singulier. L’idée était de promouvoir un continent unifié et intégré, du Yukon à la Terre de Feu. Benoît XVI a fait une démarche analogue pour l’unité du continent, lors de sa visite au Brésil en 2007 pour l’assemblée du CELAM, (le Conseil épiscopal latino-américain), à Aparecida. La biographie de Diaz et son intérêt théologique pourraient faire de lui un interlocuteur intéressant pour le Vatican sur la solidarité Nord-Sud, à la fois dans les domaines ecclésiastique et aussi sociopolitique. En particulier, en raison de ses racines cubaines et son aisance à s’exprimer en espagnol, il devrait être en mesure de développer de bonnes relations de travail avec les ambassadeurs au Vatican du grand bloc des pays d’Amérique latine.

Changements démographiques:
En soi, l’image d’un hispanique, représentant un président Afro-Américain envoie un message à Rome sur le visage changeant de l’Amérique. En termes catholique, Diaz incarne la plus importante évolution démographique dans l’église d’aujourd’hui, tant à l’échelle mondiale qu’aux États-Unis. Dans le monde entier, les deux tiers des catholiques vivent désormais dans les pays du Sud, avec plus de quarante pour cent dans la seule Amérique latine. Au milieu du siècle, le chiffre sera de trois-quarts. Aux États-Unis, la plupart des estimations de la proportion hispanique dans la population catholique aujourd’hui sont à environ un tiers, et en croissance rapide. Les données provenant du Pew Forum donnent à penser que d’ici à 2020, les catholiques blancs, pour la première fois ne seront plus la majorité de la population catholique des États-Unis. Diaz pourrait être en mesure d’aider le Vatican à interpréter ce qu’augurent ces trajectoires, et de devenir un pont entre ce segment de la population catholique d’Amérique et Rome. À l’extérieur de l’église aussi, le Vatican sera intéressé par ce qu’implique l’évolution démographique de l’Amérique en termes de vie politique du pays, sa politique étrangère, ses valeurs culturelles et l’approche du rôle de la religion dans la vie publique, et ainsi de suite.

Mis ensemble, cela suggère que Diaz et ses homologues du Saint-Siège devraient avoir beaucoup de choses à se dire, bien au-delà du traditionnel point d’ignition (flash point) de l’avortement et d’autres questions de la vie. Si Diaz fait preuve d’imagination pour saisir ces opportunités, ce pourrait être une histoire fascinante à suivre.

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Paolo Rodari se méfie...

Un théologien cubain. Le choix d'Obama plaît à (presque) tout le monde
29 mai 2009
Paolo Rodari

Un obamien peut-il être "pro-life"? Oui, probablement. Et, à ce qu'il semble, Miguel Diaz, le nouvel ambassadeur des Etats Unis prés du Saint Siège en serait une preuve vivante. Il remplace une autre "pro-life" convaincue : la "bushienne" Mary Ann Glendon. Il la remplace avec le consentement du Vatican avec lequel, évidemment, un accord a été trouvé.
Il y a eu des jours difficiles, lorsque Barack Obama a été élu. Difficiles quant aux rapports avec le Vatican et, surtout, avec la hiérarchie de l'Église américaine qui n'a pas perdu temps pour dénoncer les positions pro-choice du président. Difficiles, en outre, quant au choix du successeur de Glendon : Obama ne réussissait pas à trouver, parmi les catholiques qui l'ont soutenu dans la campagne électorale, quelqu'un de "sans tache" quant aux positions tenues sur les thèmes éthiques.
Et pourtant, pour dire la vérité, on ne peut pas vraiment dire que Diaz soit absolument immaculé. Est-il vraiment un "pro-life" convaincu ? Il n'est pas simple de répondre. Après des années passées auprès des milieux conservateurs, il a été - et c'est pourquoi ses ex-amis l'ont accusé de trahison - un des vingt-six intellectuels catholiques qui ont signé une déclaration pour soutenir la nomination comme ministre de la Santé de la pro-choice Katheelen Sebelius, une nomination trés contestée par les catholiques conservateurs. Et aussi, il est membre de ce Catholics in Alliance for the Common Good, qui, il y a quelque temps avait subi de lourdes critiques de l'archevêque de Denver Charles Chaput. Selon Chaput, les membres de cette association de catholiques partisans d'Obama auraient embrouillé les fidèles, reléguant au second plan cette priorité qui prend le nom de défense de la vie toujours et de toute façon.

Pourtant il y a autre chose. Diaz, malgré l'appui à Sebelius et à l'association de catholiques pro-Obama, se déclare ouvertement pro-life. Et, donc, au moins en apparence, il réussit (pour l'instant au moins) à ne pas effrayer les hiérarchies d'outre-Tibre.
En faut-il un exemple ? le voici : en janvier dernier, sur le Catholic News Service, Diaz s'est exprimé ainsi : « Partout où nous sommes nous devons défendre la vie à chaque niveau ». Mais il y a plus. À l'appui de la thèse qui donne Diaz pour pro-life, ce n'est pas une source créditée de la Maison Blanche qui s'est exprimée ouvertement , mais le nonce apostolique aux Etats Unis lui-même, l'archevêque Piero Sambi, pour qui Diaz est un « choix excellent » aussi en raison de son parcours.

45 ans, cubain-américain (il est née à la Havane), fils d'un serveur et d'une standardiste, professeur de théologie au St Benedict college et à la Saint John's University du Minnesota, Diaz a reçu de nombreuses récompenses universitaires, y compris le prix du meilleur livre de l'année par le Séminaire Théologique de Princeton, avec son travail "Being Human : U.S. Hispanic and Rahnerian Perspectives". En outre, il a obtenu un Master en Théologie à l'Université Notre Dame (l'université catholique qui a soulevé une tempête pour avoir conféré à Obama le doctorat honoris causa) et il a été, dans le passé, président de l'Académie de théologie des catholiques hispaniques des Etats Unis. Il parle trois langues : l'anglais, l'espagnol et l'italien. Et toutes les trois lui serviront pour se faire bien comprendre dans sa nouvelle et difficile charge. Déjà, parce que si le nouveau juge de la Cour Suprême américaine, la catholique Sonia Sotomayor, a été critiquée « de la gauche » care pas assez pro-choice comme une certaine partie de l'électorat d'Obama l'aurait attendu, le nouvel ambassadeur prés du Saint Siège doit en somme faire front à des problématiques opposées. Autrement dit, il doit d'une certaine façon tenir tête à ces catholiques américains qui, en dépit de l'accord entre la Maison Blanche et le Vatican, considèrent comme suspect son soutien à Obama.

Théologiquement parlant,ce sont aussi les « amours » de Diaz qui ne parviennent pas à permettre de déchiffrer complètement sa personnalité : ils s'appellent Karl Ranher et la théologie de la libération. Bien entendu : il n'y a rien de mal à lire et à étudier les écrits du grand jésuite allemand. De même pour les travaux des différents représentants de ce qu'on nomme théologie de la libération. Le problème est si l'amour pour ces auteurs porte à en épouser jusqu'au bout les thèses ou bien non. Beaucoup desquelles, avec leur ouverture au monde, ne sont pas particulièrement appréciées par l'actuel Pontife.
« Je veux être un pont entre notre nation etle Saint Siège », a assuré Diaz, promettant la « continuité » dans les rapports avec le Vatican (et, donc, continuité par rapport à ce qu'a fait récemment Mary Ann Glendon). Et c'est ce qu'on souhaite, outre-Tibre, même si, au moins hier, le même Diaz n'ait rien dit de ce qui intéresse vraiment la hiérarchie: la vie, la défense de la vie de son début à son terme naturel.

© Copyright Il Riformista, 29 mai 2009

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L'Avvenire (CEI) sur la réserve

Le théologien Diaz nouvel ambassadeur des USA prés du Saint Siège
Quand une nomination fait fonction de « thermomètre »
Gianni Cardinale
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Après beaucoup de prévisions qui se sont révélées infondées, Barack Obama a finalement rendu public le choix du nouvel ambassadeur prés du Saint Siège.
Il s'agit de Miguel Diaz, théologien d'origine cubaine, régulièrement marié, avec quatre enfants. Et cette position canoniquement irréprochable lui a valu l'agrément du Vatican qui, selon la coutume, a anticipé l'annonce de la Maison Blanche.
Le fait, de plus, qu'un "pro choice" soit hispanique, et d'humble origine (fils d'un serveur et d'une standardiste), a été le énième (après la désignation de Sonia Sotomayor comme juge à la Cour Suprême) effet d'annonce d'un président qui dans l'imaginaire collectif exalte la positivité du rêve américain. Sa nomination a de toute façon suscité un vaste débat dans le vivant monde catholique des USA. Et même avec des positions opposées.
Le jésuite James Martin (ndt: progressiste!) de l'hebdomadaire « América » l'a défini comme « un magnifique (superb) choix », en remarquant que Diaz pourra au moins avoir avec le Pape « quelque vive discussion sur Rahner et von Balthasar ».
Le nouvel ambassadeur a, en effet, étudié Rahner, alors que - toujours selon « América » - « Papa Benedetto est tout sauf un rahnerien ».

Négatif par contre, le jugement du conservateur « National Catholic Register » (Ncr) qui a tout de suite remarqué que Diaz faisait partie de l'organisation philo-obama "Catholics in Alliance for the common good" - stigmatisée par l'archevêque de Denver Charles Chaput pour avoir rendu « un mauvais service à l'Église » - et a signé en faveur de la nomination comme ministre de la Santé de Kathleen Sebelius, à son tour intimée par l'ordinaire diocésain, l'archevêque Joseph Naumann de Kansas City, de ne pas se présenter à la communion, comme promotrice de politiques pro avortement. Le « NCR » a malgré tout admis que « malgré son appui au philo-abortiste Obama, Diaz est fidèle aux enseignements de l'Église en ce qui concerne la sainteté de la vie humaine, au contraire de beaucoup de catholiques démocrates pressentis pour la place ».

Plus problématique, Michael Sean Winters (auteur de « Left at the Altar : how the democrats lost the catholics and how the catholics can save the democrats ») pour lequel la nomination d'un théologien est pour le président « un peu risquée », parce que « l'équipe d'Obama a tendance à faire confiance au choeur catholique de gauche (leftie catholic choir), qui n'est pas toujours le meilleur juge de la sensibilité des hiérarchies et du Vatican ». Donc si Diaz vient à Rome pour faire l'ambassadeur, très bien, si par contre il veut faire le théologien, et en plus avec un ordre du jour plutôt libéral, alors il pourrait y avoir des problèmes.

Dans ses premières déclarations, Diaz a voulu être tranquillisant. Il ne s'est pas démarqué des positions les plus controversées, et il s'est limité à dire qu'il voulait être « un pont entre notre nation et le Saint Siègee », promettant la « continuité » dans les rapports avec le Vatican.

De son côté, la Maison Blanche a fait savoir qu'elle considérait Diaz comme pro-life et portait une grande attention aux rapports avec le Vatican. Le Saint Siège a fait comprendre qu'il considérait le choix de Diaz comme un bon choix, parce que Diaz ne semble pas avoir une approche radicale sur les thèmes ethiquement sensibles, avortement en tête. Une autre question est de savoir si Diaz aura un poids réel auprés de l'Administration, et donc pourra être un canal efficace entre le Vatican et la Maison Blanche.

En résumé, c'est le temps qui dira si le nouveau nommé réussira à rapprocher les positions du président de celles de l'Église catholique sur des ces délicates questions (ce qui apparaît pour l'instant improbable) et si au moins, il réussira à promouvoir une collaboration effective sur d'autres fronts (sociaux et géopolitiques) où les lignes d'outre atlantique et d'Oltretevere apparaissent plus compatibles.

© Copyright Avvenire, 29 mai 2009

Une agence italienne (APCOM)

Obama choisit pour ambassadeur un théologien libéral « pro life »
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Né à Cuba, Diaz a pris la défense de la ministre « pro choice » Sebelius
Il lit la langue du Pape, l'allemand, outre le grec et le latin, et parle anglais, français, espagnol et italien: c'est le théologien catholique choisi par Barack Obama comme ambassadeur au Vatican.

Né à Cuba, avant de se transférer au le siège diplomatique romain de l'Aventino, Miguel H. Diaz doit encore passer au crible du Sénat US.
C'est pourquoi, au reporter qui l'interpelle, il préfère ne pas répondre sur les rapports entre la Maison Blanche et le Palais Apostolique sous Obama et Ratzinger et répondre par « crepi il lupo » (*) en parfait italien.

Sa biographie parle de toute façon pour lui. Né il y a 45 ans à la Havane, Diaz a épousé une autre universitaire, Marian, et il est le « fier » père de quatre fils. Il fait une partie de cette population hispanique qui, dans le panorama du catholicisme américain, représente la communauté numériquement et spirituellement la plus dynamique. Du reste, la nomination d'une autre catholique d'origine hispanique, Sonia Sotomayor, à la Cour suprême, date seulement de quelques jours. « Sa nomination souligne l'importante contribution que les hispaniques donnent à la structure de notre nation », commente l'"Academy of Catholic Hispanic Theologians of the United States", dont Diaz a été président. Actuellement Diaz est professeur au College de St. Benedict et à la St. John's University, au Minnesota. Même s' il est parmi les 26 personnalités catholiques qui ont appuyé dans un appel public la nomination controversée au ministère de la santé de Kathleen Sebelius, catholique «pro choice », l'ambassadeur désigné est défini par ceux qui le connaissent comme un théologien progressiste, certes, mais « pro life ». Son choix imposerait silence à ces gouros « teocon » - Michael Novak, George Weigel, Deal Hudson - qui n'ont pas apprécié la ligne éditoriale de l'Osservatore romano'.

Le quotidien vatican a évité de faire écho aux appréhensions de plusieurs évêques américains pour les choix d'Obama sur le sujet de la bioéthique, des positions sur l'avortement aux mesures sur les cellules-souche embryonnaires, et a minimisé les critiques des secteurs « pro life » à propos de l'invitation d'Obama à l'Université Notre Dame, des jésuites.

Parmi les voix dissidentes les plus fortes, celle de l'ambassadeur de Bush auprés du Saint Siège, Mary Ann Glendon.

La direction de l'université de l'Indiana, de son côté, a défendu le choix d'inviter Obama à la cérémonie de conclusion de l'année académique, accueilli par un tonnerre d'applaudissements par les étudiants et les professeurs.

C'est justement de l'université Notre Dame que vient Miguel Diaz, qui y a fait sa thèse sur l'anthropologie théologique hispanique aux Etats Unis et y passé une période d'enseignement.
Le nom de Diaz a fini par émerger comme choisie d'Obama.
... En vue de la rencontre que, fort probablement, Obama aura avec le Pape en marge du sommet du G8, Diaz aura tout juste le temps de passer l'examen du Sénat et se transférer à Rome.
Et de préparer la rencontre avec Ratzinger pour la présentation des lettres de créance.
Une occasion officielle où il y aura place pour les discours publics, destinés à faire le point sur les relations entre les Etats Unis et le Vatican, et pour un entretien privé entre Ratzinger et Diaz.
L'un compte parmi les plus grands théologiens catholiques contemporains, lié à Hans Urs von Balthasar, l'autre voue un culte au théologien jésuite Karl Rahner, spécialiste du dialogue théologique et culturel entre les hispaniques, les afro-américains et la culture anglo-saxonne.

L'un le Pape théologien, l'autre l'ambassadeur théologien (mon commentaire: Bof!).

© Copyright Apcom
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(*)
Expression familière italienne
- in bocca al lupo per l'esame!
- crepi (il lupo)
( - bonne chance pour tes examens ! — merci (littéralement "qu'il crève") )

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The Miami Herald

Mon amie Carlota, hispanophone, me transmet son propre commentaire (qui reste entre nous, mais qui rejoint celui de Daniel Hamiche ...):
"(... ) bien sûr au « vrai catholicisme » de cet ambassadeur d’exception s’ajoute sa « vraie » compréhension de la diversité » !

Elle a traduit un article du journal « El Nuevo Heraldo” de Miami – Edition en espagnol du Miami Herald.


Obama désigne un cubano-américain comme envoyé au Vatican
WILFREDO CANCIO ISLA

El Nuevo Herald de Miami

Le théologien et universitaire cubanoaméricain Miguel H. Díaz, un catholique pratiquant formé dans le système des écoles publiques de Miami, a été nommé par le président Barak Obama comme nouvel ambassadeur des Etats Unis au Vatican et pourrait entrer dans l’histoire comme le première hispanique nommé auprès du Saint Siège en 25 ans de relations bilatérales.

La désignation de Díaz a été annoncée par la Maison Blanche la nuit de mercredi sur la même liste de 12 nominations d’ambassadeurs de places stratégiques en Europe, Asie et Amérique Latine. Sa nomination devrait être confirmée par le Sénat dans les semaines à venir.

Díaz, âgé de 45 ans, professeur de théologie à l’Université St. John et du Collège St. Benedict, dans le Minnesota, figure comme l’un des porte-parole les plus reconnus de l’organisation catholique dans l’Alliance for the Common Good, entité qui a établi des liens étroits avec les démocrates pendant leur campagne.

De ce fait, la nomination de Díaz est le résultat de sa position de leader au sein du conseil religieux catholique, un groupe d’activités et de penseurs,qui assure la promotion du message de changement d’Obama et élabore des stratégies politiques par rapport au futur de la nation.

En outre il est l’un des 26 signataires d’une déclaration de soutien à la nomination de Kathleen Sebelius comme secrétaire à la Santé et aux Services Sociaux, puis de la candidate, de foi catholique, après qu’elle eut reçu de sévères critiques des coreligionnaires conservateurs pour soutenir le droit à l’avortement.

"Je désire être un pont entre notre nation et le Saint Siège” a dit Díaz dans un bref communiqué dans lequel il a affirmé se sentir honoré par sa nomination.

Justement le nouvel ambassadeur aura à affronter les frictions existence entre Washington et le Saint Siège sur le thème de l’avortement, en assumant le leg ultraconservateur de son prédécesseur en poste.

L’ambassadeur précédent, Mary Ann Glendon, professeur de la Université de Harvard, a rejeté le plus grand honneur de l’Université Notre Dame, la médaille Laetare, après l’invitation que cette institution catholique avait fait à Obama pour qu’il parle aux récents diplômés au début du mois.

Díaz est activiste pro vie, mais il assure qu’Obama est ouvert au dialogue et à l’adoption de politiques distinctes dans les affaires polémiques comme l’avortement.

Et comme il l’aurait dit lui même dans une entrevue récente avec El Nuevo Herald, "les différentes crises auxquelles nous sommes confrontées en ce moment historiques ont besoin d’être abordées avec beaucoup de sagesse humaine et également l’aide de Dieu ».

Jusqu’à aujourd’hui sa vie a été une progression ordonnée vers la connaissance, la foi et la solidarité humaine.

Né en 1963 à la Havane, Díaz émigra avec ses parents en Espagne en 1972 quand il avait à peine 9 ans. En 1974 la famille arrive à Miami déterminée à chercher un futur de bien être pour ses enfants.

Il a suivi sa scolarité dans les écoles publiques du sud-est de Miami-Dade. En 1988 il est diplômé de l’Université catholique St Thomas et il obtint ensuite des titres de maîtrise et de doctorat en théologie à l’université ND en Idiana.

Il est le première de sa famille à avoir obtenu un diplôme universitaire. Son histoire personnelle est celle de nombreux réfugiés cubains dont les parents travaillèrent inlassablement pour garantir le futur de leurs enfants.

Ses parents résident encore dans la zone de Westchester, au sud ouest d Miami, mais ils ont décliné l’offre de déclaration à El Nuevo Herald.

"Il n’a jamais oublié ses origines”, a déclaré Mercedes Iannone, directrice de programme des diplômés de l’université St. Thomas et une amie à lui des années 80. "C’est un penseur profond qui apportera au Vatican une appréciation de la vie des émigrants et des complexités de la diversité parce qu’il l’a expérimentée dans sa propre chair.

Díaz fut aussi le doyen académique du Séminaire Saint Vincent de Paul de Boynton Beach, entre 2001 et 2003, et professeur à l’ Université Barry, de Miami Shores, jusqu’en 2004. En 2006 devint président de l’académie des théologiens catholiques hispaniques.

Outre l’espagnol, il parle couramment le français et l’italien et à des connaissances de grec, d’allemand et de latin.

Il est marié depuis 16 ans à Marian Díaz, elle aussi docteur en théologie. Le couple a 4 enfants.

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Prie, travaille et lis Nouvel ambassadeur américain au Vatican