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Conférence épiscopale italienne sur l'immigration

La difficile réponse des évêques italiens au problème de l'immigration: discours d'ouverture de l'Assemblée générale par le cardinal Bagnasco. Compte-rendu d'Andrea Tornielli. (26/5/2009)

Avant de lire cet article, il faut se remettre en mémoire le contexte italien, avec le récent épisode du "refoulement" (respingimenti) vers la Lybie d'un "rafiot" de réfugiés, très médiatisé par la gauche qui cherche à mettre le gouvernement Berlusconi en didfficulté, à la veille des élections européennes. Voir par exemple ici: "Respingimenti"

Ce thème a été abordé ici: Un évêque italien parle de l'immigration

Ce compte-rendu (parmi beaucoup d'autres, parus dans la presse italienne) d'une prise de position très attendue, est celui d'Andrea Tornielli, dans Il Gionale.
Ma traduction:

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« Accueil pour les immigrés, mais pas de rabais sur leurs devoirs »
Andrea Tornielli
Le cardinal Bagnasco à l'assemblée de la Cei : « Oui à l'intégration, non au faux multiculturalisme ». Et sur la crise : « Travailleurs licenciés considérés comme un fardeau »
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Il faut éviter que ne se forment en Italie des « enclave ethniques » et conjurer « les micro-conflits répandus sur le territoire » qui fatalement modifient « la perception qu'il n'est pas rare que nos compatriotes aient de la présence des étrangers », en proposant au contraire de véritables « pactes de citoyenneté » pour les immigrés, qui favorisent la cohabitation et l'intégration en mettant au clair « les droits et les devoirs », sans « prévoir de rabais, au nom d'un multiculturalisme mal compris ».
C'est ce qu'a dit hier le cardinal Angelo Bagnasco aux évêques italiens, en ouvrant au Vatican les travaux de l'assemblée générale de la CEI. Avec des mots soupesés, le porporato a lancé quelques critiques au gouvernement, offrant cependant sur le thème de l'immigration une proposition méditée et approfondie, au-delà des slogans et des oppositions frontales.
Bagnasco a expliqué que les « corrections significatives » au projet de loi sur la sûreté « n'ont pas surmonté toutes les ambiguïtés ». Il a mis en corrélation directe la pratique des "refoulements" - faisant remarquer qu'elle « avait déjà été expérimentée à d'autres moments et dans d'autres Pays » - avec le climat de la campagne électorale qui « n'a pas toujours assuré l'objectivité nécessaire à une confrontation utile ». Il a rappelé que ces épisodes doivent être jugés en ayant comme critère fondamental « la valeur incompressible de toute vie humaine, sa dignité, ses droits inaliénables ». Mais il a aussi ajouté qu'à côté de cette « valeur dirimante » il y en a d'autres dont il faut tenir compte, « comme la légalité, l'impunité des trafiquants, la sauvegarde du droit d'asile, la sûreté des citoyens, la liberté pour tous de vivre dignement dans son Pays, mais aussi la liberté d'émigrer pour améliorer ses conditions de vie ». La mesure individuelle, explique le président de la Cei, finit par être « fatalement inadéquate » en absence d'une « stratégie plus vaste et articulée ». L'immigration, en effet, doit être gouvernée, autrement « on finit pour la subir ».
Bagnasco indique deux voies à suivre : celle de la coopération internationale, qui « doit devenir un repère transversal de la politique italienne et même européenne », et celle du processus d'intégration. Il convient en effet d'éviter la formation d'enclaves d'ethniques, en conjurant les micro-conflits répandus dans notre territoire : « Prenons garde à ne pas sous-estimer - prévient le cardinal - les signaux d'alarme qui ici et là ont été enregistrés dans le Pays ». Intégration ne signifie pas « juxtaposition d'ethnies qui ne dialoguent pas », il faut au contraire « que se déclenchent les mécanismes d'une cohabitation, qui à partir de l'identité séculaire de notre peuple, se construise non pas sur la base de modalités auto-rérérentielles et d'opposition », mais devienne capable « de rencontrer d'autres identités ».
C'est donc la proposition de « pactes de citoyenneté », initiative qui fut en son temps mise en pratique à Bologne par la liste Guazzaloca .

L'autre grand thème du discours d'ouverture de Bagnasco a été la crise économique. Le cardinal a évoqué l'« anxieté compréhensible avec laquelle on scrute, et donc on anticipe presque, les signes de sortie du tunnel dans lequel nous nous trouvons », se référant implicitement à l'optimisme du gouvernement. Il ne s'est pas privé de confirmer les « voix qui se risquent à des prévisions presque optimistes, que tous, naturellement, voudraient voir confirmées ». L'Église italienne, grâce au réseau des paroisses, se rend en effet compte que dans cette période « la crise touche de manière plus directe, presque cruellement, la réalité ordinaire des familles, pour lesquelles nous souhaitons une fiscalité plus équitable ».
À 24 heures du discours de Benoît XVI à Cassino, le président de la Cei a parlé largement de l'urgence du chômage, et a critiqué les « modalités expéditives » avec lesquelles les entreprises réagissent à la crise en actionnant le levier des licenciements, « comme s'il s'agissait d'alléger le bateau d'un fardeau inutile ». Le cardinal a rappelé que les premiers à payer sont « les travailleurs précaires », pour lesquels « les amortisseurs prévus sont vraiment modeste ». La crise « produit maintenant ses effets les plus délétères sur la frange la plus fragile de notre population ». Et la même dynamique se répercute « sur l'économie déjà précaire de l'hémisphère Sud, dans lequel on prévoit une augmentation de presque cent millions nouveaux de pauvres ». Face à cette situation, a ajouté Bagnasco, l'Église se mobilise pour répondre comme elle peut aux nécessités urgentes: dimanche prochain dans toutes les paroisses italiennes, il y aura une collecte de soutien au fond de garantie pour les familles en difficulté.
Enfin, le cardinal a parlé du tremblement de terre dans les Abruzzes en demandant que la reconstruction soit « prompte, sans obstacles et sans gaspillages ».

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"Respingimenti"

http://tempsreel.nouvelobs.com

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La nouvelle politique d'immigration du gouvernement Berlusconi, qui consiste à refouler les migrants vers la Libye lorsqu'ils se trouvent encore dans les eaux internationales, crée la polémique en Italie à moins d'un mois des élections européennes.

48 migrants ont été secouru au large de la Sicile alors que plus de 500 immigrés qui se trouvaient dans les eaux internationales ont été refoulés vers la Libye depuis jeudi, a annoncé la police italienne lundi 11 mai au matin, selon une nouvelle politique controversée du gouvernement Berlusconi (ndlr: les chiffres donnés par d'autres medias sont au moins divisés par 2!).
Alors qu'il se trouvait dans les eaux italiennes, au large du sud de la Sicile, un groupe de 48 migrants originaires du Sénégal, du Ghana et du Mali a été récupéré par une vedette de la police financière qui les a conduits à Syracuse, selon un communiqué.
Le ministère de l'Intérieur a en revanche indiqué dimanche soir que plus de 500 personnes avaient été refoulées vers les côtes libyennes depuis jeudi lorsque Rome a mis en oeuvre une nouvelle politique de lutte contre l'immigration qui consiste à refouler les migrants vers la Libye lorsqu'ils se trouvent encore dans les eaux internationales.

Berlusconi : Non à une Italie "multiethnique"

"Jusqu'à aujourd'hui, nous avons repoussé plus de 500 clandestins que nous aurions dû accueillir" s'ils s'étaient trouvés dans les eaux italiennes, a déclaré le ministre de l'Intérieur, Roberto Maroni.
Le ministre, également membre éminent du parti anti-immigrés de la Ligue du Nord a ajouté : "Nous ne faisons que les reconduire d'où ils sont venus".
Le chef du gouvernement Silvio Berlusconi a continué de susciter la polémique en rejeté l'idée d'une Italie "multiethnique" afin de justifier cette politique.
"La multiethnicité est le destin du monde à venir", a estimé lundi dans une interview au Messaggero un responsable du Parti démocrate (centre gauche), Luciano Volante.
Notant que les reconduites en Libye "n'étaient pas justes, mais légales", il a soulevé le problème des éventuels réfugiés politiques qui pourraient se trouver parmi les migrants et qui n'ont pas la possibilité de demander l'asile, Tripoli n'ayant pas ratifié la Convention de Genève sur les réfugiés.

Coup électoral
L'Eglise catholique a aussi critiqué ces propos, en soulignant que l'Italie "multiethnique et multiculturelle existait déjà de facto" et qu'il s'agissait d'"une valeur positive", par la voix du secrétaire général de la Conférence épiscopale des évêques, Mgr Mariano Crociata.
Cette nouvelle ligne est le fruit du "traité d'amitié" signé entre la Libye et l'Italie en août 2008 qui a vu Tripoli s'engager à lutter contre l'immigration clandestine et Rome promettre une somme de cinq milliards de dollars sur les 25 prochaines années au titre de compensation pour la période coloniale.
La presse souligne également que ce nouveau tour de vis sur l'immigration, cheval de bataille de la droite au pouvoir, a lieu à moins d'un mois des élections européennes.
L'Italie a vu arriver 36.900 migrants par la mer en 2008 - en quasi-totalité en provenance des côtes libyennes -, un chiffre en hausse de 75% par rapport à 2007, selon le ministère de l'Intérieur. (Nouvelobs.com)

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